La vérité sur la désactivation du compte Twitter de Donald Trump

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Bahtiyar Duysak a une vingtaine d'années et vit en Allemagne. Il a été engagé à durée déterminée chez Twitter lors de la dernière partie de son séjour aux Etats-Unis sous un visa travail et étude. Il a fait une petite erreur lors de son dernier jour de travail. Une petite erreur qui l'a propulsé sous les projecteurs du monde entier.

C'est lui qui a désactivé le compte Twitter du président Donald Trump pendant onze minutes le jeudi 2 novembre dernier. Duysak était affecté au service Trust and Safety. Cette équipe reçoit des alertes lorsque les utilisateurs remarquent un message offensant, illégal, harcelant, etc. Les employés doivent examiner des plaintes et prendre des mesures supplémentaires si besoin.

Son dernier geste chez Twitter avant de quitter son bureau
Bahtiyar Duysak allait quitter son bureau quand il a reçu l'alerte fatale, selon ses confidences à TechCrunch. Duysak ne cherche pas plus loin et lance la procédure pour une désactivation du compte. Ensuite, il éteint son ordinateur et quitte le bâtiment.

"Une erreur"
Il a compris sa boulette plusieurs heures plus tard en regardant les infos. Il jure qu'il s'agissait d'une "erreur". "Tout le monde commet des erreurs." Il n'aurait "jamais cru" que le compte serait désactivé. Le compte Twitter du président américain est en effet protégé contre la désactivation malgré le viol régulier des conditions d'utilisation du réseau. Twitter avait expliqué en juin dernier que les tweets de Trump, même s'ils sont inappropriés, sont "dignes d'intérêt" pour le public vu la position qu'il exerce.

"Je n'ai piraté personne"
Duysak ne s'est jamais vu comme un "héros". Il confie avoir été "poursuivi" et "harcelé" par les médias. Il n'y a actuellement aucune enquête ouverte au sujet de cette erreur. "Je n'ai piraté personne. Je n'ai rien fait que je n'étais pas autorisé à faire. Je ne suis allé sur aucun site sur lequel je ne devais pas aller. Je n'ai enfreint aucune règle."

L'impression d'être Pablo Escobar
Il a décidé de parler pour que le buzz autour de sa personne s'arrête. Il espère que les médias arrêteront de le harcèler ainsi que les membres de sa famille. "Je n'ai commis aucun crime mais j'ai l'impression d'être Pablo Escobar et ça commence à être doucement ennuyant." L'expérience l'a calmé: il va plutôt travailler dans la finance. "Mais j'aime Twitter et j'aime l'Amérique", conclut-il.

Par: Deborah Laurent 1/12/17 - 05h00