Une victime du réseau porno flamand: "Quand ces photos ont été prises, j'avais à peine 15 ans"

L'une des nombreuses victimes d'un réseau qui publie sur internet des photos ou vidéos de jeunes femmes dénudées sans leur accord a accepté de témoigner de façon anonyme à VTM Nieuws. "Quand ces photos ont été prises, j'avais à peine 15 ans", explique la jeune femme aujourd'hui âgée de 20 ans.

Des centaines de photos et vidéos de jeunes Flamandes nues, parfois lors d'ébats sexuels, circulent à leur insu sur un forum secret du site Discord. Ce dernier est un site populaire sur lequel les "gamers" peuvent discuter. Selon VTM, plus de 3.000 membres ont échangé ces images. Parfois, le nom de la victime y est mentionné. Le parquet de  Bruxelles a ouvert une enquête, a-t-on appris ce vendredi.

Dans certains cas, les suspects qui publient la photo sont ceux qui l'ont prise, souvent des anciens compagnons ("revenge porn"). Dans d'autres cas, il s'agit de "hackeurs" qui ont obtenu accès à un compte Facebook d'une fille. Parfois, les hackeurs travaillent sur demande en proposant par exemple endéans les quatre jours la photo d'une femme spécifique dénudée contre 400 euros.

"Le plus effrayant c'est que j'ai envoyé ces photos seulement à mon ami, en toute confiance. Et je suis certaine qu'il n'a rien à voir avec ça", assure  la jeune femme, qui, selon elle, a donc été victime d'un hackeur. "Je suis vraiment choquée, car je n'ai jamais imaginé que quelqu'un puisse prendre possession de ces photos". Celles-ci ne figuraient que sur son téléphone, pensait-elle. "J'ai souvent reçu des mails pour me dire que mon mot de passe avait changé ou que je devais modifier celui-ci, mais je les ai toujours ignorés", raconte celle qui était persuadée que ses profils étaient sécurisés.

Aucun suspect identifié
"Je suppose que la plupart des personnes de mon âge me comprennent, car nous sommes nombreux à notre âge à s'échanger des photos dénudées", explique encore la victime, qui assure néanmoins ne plus vouloir prendre des photos de son intimité. "Je déconseille à tout le monde de prendre de telles photos. Il y a trop de détraqués", regrette-t-elle enfin.

La jeune femme s'est déjà rendu à la police, qui a dressé un procès-verbal. A ce stade, aucun suspect n'a été identifié. Les infractions liées au voyeurisme sont punissables d'une peine maximale de 15 ans si la victime est âgée de moins de 16 ans, de maximum 10 ans si la victime a entre 16 et 18 ans, et de 5 ans maximum si la victime est âgée de plus de 18 ans.

Par: rédaction 13/04/18 - 14h27