"Elle avait perdu sa voix à la mort de sa fille"

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Victor Le Douarec a travaillé durant deux ans aux côtés de France Gall dans les coulisses de la comédie musicale "Résiste".

Retirée de la vie publique depuis la mort de sa fille Pauline, en 1997, France Gall était revenue sous les projecteurs en 2015 avec une comédie musicale intitulée "Résiste", qui reprenait les plus grands titres de Michel Berger. Victor Le Douarec incarnait le rôle de Mathis sur scène. Pendant deux ans, il a côtoyé France Gall au quotidien. "Elle était là tous les jours, sur toutes les dates de répétitions, elle restait toute la journée. Elle donnait son avis sur tout et avait droit de veto sur tout. Elle savait exactement ce qu'elle voulait et nous la suivions les yeux fermés. Nous avions un lien très fort elle et moi. Elle appréciait que je sois déjà familier avec les chansons de Berger", explique le jeune chanteur à Paris Match.

Victor a été choqué d'apprendre le décès de son idole ce dimanche. "Ma mère m'a appelé. C'est seulement après avoir raccroché que j'ai réalisé. Je me suis effondré en larmes. Je n'ai pas connu beaucoup de décès dans ma vie. Ça me fait bizarre que le premier qui me frappe si fort soit celui d'une personne connue du grand public." Il se souvient de l'investissemnt de France Gall durant l'enregistrement de l'album, les répétitions du spectacle, et révèle: "Souvent elle prenait le micro pendant les répétitions, pour nous guider, même si elle ne chantait plus. Elle m'avait confié avoir perdu sa voix à la mort de sa fille. Malgré tout, elle nous donnait des indications de chant. Ce n'était pas forcément juste ou joli mais elle nous expliquait l'interprétation exacte et comment apporter les mots. Elle était toujours à fond, tout en étant simple. C'est ça que je retiens d'elle. Elle était fidèle, jamais fausse."

L'équipe de "Résiste" était au courant de sa maladie. "Elle a eu sa rechute pendant "Résiste". Quand elle revenue aux répétitions, deux mois plus tard, elle avait perdu une dizaine de kilos. Ça nous avait fait un peu peur. C'était dur à voir parce qu'elle avait toujours la pêche, et ça payait", confie Victor. "Je ne m'attendais pas du tout à ce qu'elle décède si tôt. Quand elle partie à l'hôpital, son attachée de presse me disait qu'elle se soignait. Je me disais qu'une fois de plus elle allait se remettre."

Merci pour cette belle âme. Merci pour tous ces mots. Merci pour cette apprentissage de la vie. Merci pour cette expérience magique. Tu as été ma marraine dans ce métier. Je n'oublierai jamais ces 2 années passées à tes côtés. Tu vas me manquer #ripfrancegall
Let's work !!! #NewProject

Par Catherine Delvaux. 11/01/18 - 08h50