La Wallonie s'attaque à l'homophobie

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Le gouvernement wallon a approuvé, jeudi, le volet régional du plan d'action interfédéral 2018-2019 contre la discrimination et la violence à l'égard des personnes LGBTI, sigle utilisé pour désigner les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexes.

Ce plan s'inscrit dans la continuité des plans d'action précédents coordonnés au niveau fédéral depuis le meurtre d'Ihsane Jarfi en 2012 à Liège, premier crime homophobe enregistré et poursuivi en Belgique, a-t-on précisé du côté du cabinet d'Alda Greoli (cdH), la ministre régionale en charge notamment de l'Egalité des chances.

S'il comporte, comme les précédents, des actions contre la discrimination et contre la violence à l'égard du public-cible, il s'adresse aussi, dorénavant, aux personnes intersexuées.

Accueil temporaire d'urgence pour les jeunes
Au total, ce sont 14 actions que la Wallonie s'engage à mener ou mène déjà, avec le Centre interfédéral pour l'égalité des chances UNIA, l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes ainsi que les associations LGBTI.

La nouvelle mouture du plan prévoit ainsi la mise en place d'un accueil temporaire d'urgence pour les jeunes LGBTI mis à la porte de chez eux en coordination avec les maisons d'hébergement et la Fédération des Maisons arc-en-ciel ou encore la sensibilisation aux droits des LGBTI, parmi le grand public mais aussi auprès de l'inspection du travail et des médecins.

Briser les tabous
"Cette Journée internationale de la lutte contre l'homophobie, nous souhaiterions tous ne plus devoir l'organiser. Comme du chemin reste manifestement à parcourir, je suis heureuse que le gouvernement wallon soit un acteur important de cet engagement, en soutenant deux nouvelles actions, l'une venant directement en aide aux personnes LGBT en difficulté, et l'autre en matière d'éducation", a commenté Alda Greoli en rappelant par ailleurs que "la volonté de garantir l'exercice des droits des LGBTI, de briser les tabous et les préjugés associés à l'homosexualité et à la bisexualité n'est pas neuve en Wallonie".

Il y a 2 ans, le gouvernement wallon avait en effet signé un arrêté d'agrément des associations LGBT, dites 'maisons arc-en-ciel', leur permettant de se développer et leur garantissant des moyens structurels. Depuis, 3 maisons ont déjà été agrées, 3 sont en cours d'agrément et 7 devraient l'être d'ici la fin de la législature, pour un budget total, à terme, de 374.000 euros, selon la ministre .

Accompagnement
"En approuvant le plan d'action contre la discrimination et la violence à l'égard des LGBTI, la Wallonie réaffirme son ambition de poursuivre la lutte toujours actuelle contre l'homophobie et d'accompagner chaque personne dans son orientation sexuelle et son identité de genre", a-t-elle ajouté.

En 2016, UNIA a ouvert 104 dossiers relatifs à d'éventuels actes de discrimination en raison d'une orientation sexuelle, un chiffre en hausse de 12% par rapport à l'année précédente.

Pas de drapeau arc-en-ciel au parlement wallon

Alors que le PS avait demandé que soit hissé, ce jeudi, à l'occasion de la journée internationale de lutte contre l'homophobie, un drapeau arc-en-ciel sur les bâtiments du Parlement de Wallonie à Namur, c'est le coq wallon qui y flotte toujours. En cause: un arrêté royal de 1974 relatif au pavoisement des édifices publics.

"Comme vous le savez, le 17 mai est la journée internationale de lutte contre l'homophobie. En cette occasion, la Fédération Arc-en-Ciel a demandé à ce que le drapeau arc-en-ciel soit hissé sur les hôtels de villes et maisons communales de Wallonie. Le Parlement de Wallonie ne pourrait-il pas se joindre à ce mouvement en pavoisant nos bâtiments du Saint-Gilles et du Square Masson aux couleurs 'arc-en-ciel'? ", s'était interrogé le chef de file socialiste au parlement wallon, Pierre-Yves Dermagne, dans un courriel envoyé en début de semaine au président de l'institution, André Antoine (cdH).

C'est le greffier du parlement qui lui a répondu par courrier, invoquant l'arrêté royal du 5 juillet 1974 que l'institution observe "strictement et de manière constante". Cet arrêté prévoit qu'outre les drapeaux de notre pays et de pays étrangers, peuvent être hissés d'autres drapeaux officiels ou d'une organisation internationale à laquelle la Belgique a adhéré.

"Une occasion manquée", déplore Pierre-Yves Dermagne
Le drapeau arc-en-ciel ne relève pas de ces catégories, explique le greffier en rappelant toutefois que depuis 2010, le Parlement de Wallonie a toujours répondu favorablement aux demandes de subvention de l'ASBL Arc-en-ciel Wallonie. Cette dernière sera par ailleurs invitée au parlement afin de sensibiliser les élus régionaux.

"Une occasion manquée", regrette le parti socialiste qui souligne que de nombreuses institutions, dont le parlement bruxellois, n'hésitent pas, elles, à hisser le drapeau arc-enc-ciel.

Par: rédaction 17/05/18 - 12h14