Liesbeth Homans accusée d'avoir menti sur un rapport

© belga.

La ministre flamande de l'intégration sociale, Liesbeth Homans (N-VA), est sous le feu des critiques après les conclusions qu'elle a tirées d'un rapport sur la pauvreté infantile. Kind&Gezin, à l'origine du rapport, conteste le lien fait par la mandataire nationaliste entre l'augmentation de cette pauvreté et l'afflux de réfugiés, tout simplement parce qu'il est fondé sur un document qui n'existe pas. Groen a déposé une motion de méfiance au parlement flamand qui se réunit ce mercredi en séance plénière.

En 2017, la proportion d'enfants de 0 à 3 ans vivant dans la pauvreté en Flandre s'élevait à 13,76%, soit près d'1% de plus que l'année précédente. La ministre a défendu les efforts fournis par son gouvernement mais qui, selon elle, sont rattrapés par l'évolution de la société. L'augmentation du nombre de réfugiés que la Flandre doit accueillir est l'un des facteurs qui expliquerait cette croissance. L'an passé, 65,1% des enfants qui grandissent dans la misère avaient une mère qui n'avait pas la nationalité belge, indiquait-elle.

"Nous constatons que beaucoup de mères de ces enfants sont des réfugiées qui viennent par exemple de Syrie et d'Afghanistan. Depuis 2014, la part de leur enfants dans le total des enfants qui grandissent dans la pauvreté a augmenté de 38%", expliquait-elle dans un communiqué.

Le parlement flamand a longuement débattu, mercredi, des données d'un rapport révélant une hausse de la pauvreté infantile en Flandre. Comme ils l'avaient fait par presse interposée, le sp.a et groen, dans l'opposition ont durement critiqué la politique menée par le gouvernement flamand en la matière et en particulier par la ministre en charge de cette compétence. Au parlement flamand, personne n'a mis en doute la hausse du phénomène de pauvreté infantile au nord du pays. Les analyses ont par contre divergé sur les causes possibles de la recrudescence du phénomène. 

Le député Piet De Bruyn (N-VA) et le ministre du Bien-Etre Jo Vandeurzen (CD&V) ont souligné qu'il ne fallait pas tirer de conclusions hâtives sur un possible lien avec la politique menée d'autant que le rapport de Kind&Gezin souligne que cet indice de pauvreté n'est pas adéquat pour permettre d'en juger. 

Les écologistes accusent la ministre d'avoir menti
Un expert de la KU Leuven, Wim Van Lancker, a mis en doute cette conclusion. Le rapport en question ne contient aucune donnée relative aux réfugiés, a-t-il souligné. Réponse de la ministre: il existe un rapport complémentaire, qui n'est pas en ligne mais qui fait la distinction entre les réfugiés et les autres catégories de personnes... Or, selon Kind&Gezin , un tel rapport n'existe pas, tout simplement parce que l'institution ne recense pas selon le critère de réfugié mais seulement en tenant compte de l'origine des personnes.

Les écologistes accusent la ministre d'avoir menti et de s'être défaussée de sa responsabilité sur les personnes les plus fragiles. Au parlement, l'opposition écologiste s'en est pris à Liesbeth Homans pour ne pas avoir réussi à concrétiser sa promesse antérieure de réduire la pauvreté infantile de moitié et pour reporter sa politique "défaillante" sur les épaules des plus vulnérables dans la société. Le chef du groupe Groen Björn Rzoska lui a également reproché d'avoir fait un lien entre la hausse de ce phénomène et la crise des migrants que n'a pas fait Kind&Gezin.

Selon la ministre, un tel lien a bien été fait dans un rapport de 2016 de l'association. Les chiffres dee 2017 révèlent en outre une hausse du nombre d'enfants pauvres dont la mère provient d'Asie (Syrie en Afghanistan). Mme Homans a démenti avoir attribué aux migrants la seule cause de la hausse des chiffres.

Par: rédaction 13/06/18 - 13h55