La famille serbe à nouveau enfermée au 127bis

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La famille serbe qui avait quitté la maison de retour de Sint-Gillis-Waes (Flandre orientale) après avoir été enfermée au centre fermé 127bis à Steenokkerzeel en vue d'une expulsion, a été retrouvée, a indiqué vendredi le cabinet du secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, Theo Francken, confirmant une information du journal 'De Morgen'. Les cinq membres de la famille ont à nouveau été réincarcérés au 127bis. Le ministre de l'Intérieur Jan Jambon veut examiner si la loi sur le rapatriement ne doit pas être adaptée.

La famille Breischa, composée d'une femme et de ses quatre enfants, avait dans un premier temps été enfermée au centre fermé 127bis à Steenokkerzeel en vue d'une expulsion. Mais en raison des procédures de recours qu'elle avait intentées, son éloignement du territoire s'est avéré impossible dans le délai de quatre semaines fixé par un récent arrêté royal.

Les cinq membres de la famille avaient été transférés dans une maison de retour, ouverte, de Sint-Gillis-Waas, d'où elle avait disparu jeudi.

Ils ont été retrouvés vendredi et sont redirigés vers le centre fermé 127bis de Steenokkerzeel, a indiqué vendredi M. Francken (N-VA) sur Twitter. Ce dernier a également confirmé que le délai de 28 jours d'enfermement courait à nouveau.

Les avocats craignent un "traumastime" chez les enfants
Les avocats de la famille serbe ont dénoncé un "acharnement à l'encontre de la famille et une traque indigne qui s'est soldée par une nouvelle arrestation des enfants". Ils demandent une remise en liberté: "La famille serbe réside légalement sur le territoire. Sa demande d'asile repose sur des éléments sérieux: la population rom de Serbie est sévèrement discriminée et les enfants, qui n'ont aucune attache en Serbie, n'ont aucun avenir possible dans ce pays", s'exclament les avocats de Progress Lawyers Network.

"Alors que la famille ne peut être expulsée pendant la durée de la procédure d'asile, ils ont à nouveau été arrêtés inutilement. Le pédiatre et le pédopsychiatre qui se sont rendus au centre fermé décrivaient l'expérience vécue par ces enfants comme traumatique. Ils craignent le développement de troubles du comportement et préconisent un suivi d'urgence. L'arrestation immédiate après leur libération risque d'aggraver considérablement la situation de ces enfants", concluent-ils.

Le Secrétaire d'État à l'Asile et la Migration a de son côté appelé les avocats de la famille serbe à abandonner les procédures de recours qu'il juge "inutiles". "Cela n'a pas de sens et ne fait que provoquer davantage de stress chez les enfants", a-t-il fait valoir sur Twitter.

Jambon envisage de prolonger les délais de rapatriement
Jan Jambon a réagi à son arrivée au Conseil des Ministres. Il souhaite allonger le délai durant lequel on peut enfermer des migrants dans des centres fermés ou à ne plus suspendre les procédures en cas de rapatriement. 

Pour le ministre N-VA, la loi n'est pas applicable étant donné que les procédures peuvent être recommencées. "Nous devons examiner ce que nous voulons faire", a souligné M. Jambon, qui a évoqué entre autres le prolongement de la période pendant laquelle des personnes peuvent être enfermées en attendant leur expulsion. Une autre piste serait de ne plus suspendre les procédures en cas de rapatriement.

Au sein de la majorité, le CD&V s'est déjà prononcé contre l'opportunité d'allonger les délais d'enfermement pour les familles avec enfants. 

Par: rédaction 14/09/18 - 11h54