Gentleman d'apparence, il faisait vivre un enfer à ses victimes sous la couette

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Un gardien de prison originaire de Bruges a fait vivre un véritable calvaire à plusieurs jeunes femmes qu'il avait rencontrées sur Tinder. Viols, agressions sexuelles, séquestrations, coups et blessures, harcèlement: il terrorisait ses victimes pendant et après la relation. Il est actuellement incarcéré à la prison de Gand et devrait comparaître d'ici trois semaines devant le tribunal correctionnel.

Le modus operandi était toujours le même. Yannick M. approchait ses victimes via l'application de rencontres Tinder et les séduisait. Lors des premiers rendez-vous, le jeune homme se comportait de manière très élégante en leur offrant des fleurs par exemple. Un vrai gentleman. Il avait aussi la "tchatche": en tant que gardien de prison, il avait de quoi raconter.

Plusieurs femmes violées 
Si les jeunes femmes se laissaient séduire par le sympathique gardien, elles découvraient très vite son vrai visage lors des relations intimes. Sous les draps, il se montrait très violent. Celles qui refusaient d'assouvir ses fantasmes sexuels, il les frappait. Plusieurs femmes ont été violées et agressées sexuellement.

Pire, il aurait même menacé certaines victimes avec une arme et les aurait enfermées à son domicile à Bruges, d'où le chef d'inculpation de séquestration pour lequel il est poursuivi. Il aurait également fait du chantage en menaçant de publier des photos intimes si elles n'obéissaient pas. Il leur faisait vivre un véritable calvaire. Après la relation, Yannick continuait de harceler ses anciennes victimes, qui le décrivent comme un "manipulateur". "C'est effrayant. Il disait qu'il continuait de me surveiller moi et ma famille", témoigne l'une d'entre elles.

Le prévenu est également jugé pour avoir transmis sciemment une infection sexuellement transmissible à certaines jeunes femmes. Il en était porteur et aurait obligé ses victimes à avoir des rapports sexuels non protégés.

Plaintes pour harcèlement
L'affaire a éclaté au grand jour après plusieurs plaintes déposées séparément. Au départ uniquement pour harcèlement, mais la suite des investigations a rapidement permis de découvrir les faits antérieurs. Certaines femmes seraient restées plus d'un an sous la coupe du prédateur.

Yannick M. est en détention préventive depuis 18 mois. Il est actuellement incarcéré à la prison de Gand afin d'éviter tout contact avec ses anciens collègues de la prison de Bruges, d'où il a été licencié. La chambre du conseil a décidé mercredi de le renvoyer devant le tribunal correctionnel. Il devra répondre de près de 20 chefs d'inculpation. Le procès devrait avoir lieu d'ici trois semaines.

L'individu reconnaît certains faits mais pas tous. "Je veux mener le procès au tribunal, pas dans les médias", explique Laurens De Koninck, l'avocat de Yannick. "Il affirme son innocence sur certains points et nous constatons qu'il n'y a pas toujours de preuve pour les accusations dont il fait l'objet. Il y a à chaque fois deux versions".

Par Michaël Bouche 8/11/18 - 11h36