Tortures, alcool et urine dans les biberons de lait: le père s'est pendu dans sa cellule

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Les faits ont défrayé la chronique au mois de septembre, lorsqu'ils ont été révélés dans la presse. Aujourd'hui, on apprend que le père prévenu dans une sordide affaire de traitements inhumains voire tortures sur ses cinq enfants s'est pendu dans sa cellule de Leuze-en-Hainaut où il était en détention préventive depuis septembre 2017.

Alors qu'il attendait la décision de la cour d'appel sur l'éventuelle requalification en tortures des maltraitances qu'il a commises sur ses enfants, et donc un jugement en assises plutôt qu'en correctionnelle, Christopher L. s'est donné la mort, annonce Sudpresse.

Des traitements inhumains ou de la torture?
Le père de famille de 29 ans seulement était accusé, avec sa compagne de 31 ans, d'avoir fait subir des sévices et des traitements inhumains et dégradants à leurs cinq enfants. Le parquet voulait que les prévenus, tous deux incarcérés, soient jugés par le tribunal correctionnel comme le prévoit la loi en cas de violences intrafamiliales, aussi graves soient-elles. Mais l'avocat des parties civiles, qui est le tuteur ad hoc des enfants, a obtenu en septembre devant le tribunal correctionnel de Charleroi que celui-ci se déclare incompétent dans le dossier. Les débats tournaient autour de la nature des faits commis.

Des enfants "asphyxiés" et qui fouillaient les poubelles
En effet, le tribunal a estimé la qualification de "tortures" justifiée dans ce dossier très lourd car les parents se seraient rendus responsables, selon les dires des enfants aujourd'hui placés, de plusieurs simulacres de noyade. Une des filles du couple aurait notamment eu le visage plongé dans le bain jusqu'à perdre connaissance. Les parents, qui ont toujours nié les faits, étaient suivis par les services de protection de l'enfance. L'école des enfants avait en effet constaté que ceux-ci, visiblement dénutris, volaient la nourriture des autres écoliers et fouillaient les poubelles pour s'alimenter. Ils avaient dû être hospitalisés à plusieurs reprises pour malnutrition.

Forcés de manger leurs excréments
Les plus jeunes, encore nourris au biberon, avaient parfois de l'urine ou de l'alcool à la place du lait. En guise de repas, ceux en âge de manger de la nourriture solide ne recevaient que des croûtes de fromage et des couennes de jambon laissées par les parents. Les punitions infligées par ces derniers étaient extrêmement violentes: les enfants, régulièrement enfermés, étaient forcés de rester à genoux, bras levés, durant des heures. Lors de l'un de ces châtiments, une des filles avait déféqué. Le père, pour la punir de n'avoir pu se retenir, l'avait forcée à manger ses excréments. 

La mère répondra seule de leurs actes
Devant un dossier tellement lourd et les séquelles physiques et psychiques des enfants, notamment suite aux cas d'asphyxie, leur avocat avait demandé à ce que la cour d'assises se saisisse du dossier. Le tribunal de Charleroi avait suivi cette logique et s'était dessaisi mais la défense avait fait appel. Le parquet estimait lui aussi que les simulacres de noyade n'avaient pas été constatés par un expert médico-légal et que ceux-ci ne pouvaient donc pas justifier un procès d'assises, réservé aux crimes les plus graves. Ce jeudi, il devait être décidé si oui ou non le dossier relevait bien des assises avec, à la clé, une peine sûrement plus lourde. Mais le père s'est donné la mort avant d'avoir la réponse et surtout avant que justice ne soit rendue aux enfants. Gwendoline, la mère, devra donc répondre seule des actes commis devant les instances compétentes.

Par: rédaction 6/12/18 - 11h45