"Nemmouche est imbu de lui-même et tire une jouissance manifeste de sa situation"

© belga.

L'attitude de Mehdi Nemmouche lors de ses auditions devant la DGSI ne correspond pas à celle de quelqu'un qui est "terrorisé" ou qui a peur pour sa grand-mère, a commenté vendredi l'avocat de la famille de Dominique Sabrier, Me Koning, à l'issue de la diffusion devant la cour d'assises de Bruxelles du sixième interrogatoire de l'accusé par les enquêteurs.

Mehdi Nemmouche avait avancé, mercredi, qu'il se taisait pour "protéger" quelqu'un. Ce que l'on voit dans ses auditions par les enquêteurs de la DGSI, après son arrestation à Marseille, "ne correspond en rien à un individu terrorisé, piégé, qui a peur pour lui et qui veut protéger sa grand-mère", estime Me Koning. "Il est très fier de lui, narcissique comme l'ont souligné les journalistes français jeudi. Il est imbu de lui-même et tire une jouissance manifeste" de sa situation, analyse l'avocat de la famille de Dominique Sabrier.

Le ton badin de l'accusé
"Je n'ai pas l'impression qu'on fait perdre leur temps aux jurés avec ces vidéos", a souligné de son côté l'avocat général Yves Moreau, qui a relevé les "blagues", les "boutades" et les franches "rigolades" de l'accusé. Celui-ci "ne saisit pas l'occasion de dire qu'il a subi des mauvais traitements durant son enfance" comme sa défense l'a affirmé, a ajouté le procureur.

M. Moreau a aussi attiré l'attention des jurés sur les termes "fumer" et "à feu et à sang" utilisés par l'accusé et qui apparaissent ailleurs dans le dossier, respectivement au sujet d'une "petite juive" qu'il aurait rêvé de tuer et dans les vidéos de revendication.

Pour l'avocat général, lors de cette sixième audition, Mehdi Nemmouche résume en deux phrases sa vision du judaïsme lorsqu'il déclare que les juifs "peuvent faire ce qu'ils veulent, ils n'arrêtent pas de dire 'on a souffert' et ils font pareil que ceux qu'ils exècrent".

"Il ne justifie jamais le massacre de civils en Syrie"
"Est-il nécessaire d'interpréter le comportement d'une personne? ", a objecté Me Laquay, conseil de l'accusé. "Il y a effectivement des échanges avec les enquêteurs, mais il change d'attitude et se montre inquiet lorsqu'on parle de sa grand-mère, il retombe dans son 'DAS'." L'avocat a aussi fait remarquer aux jurés que quand son client aborde la guerre en Syrie, il "ne justifie jamais le massacre des civils, sauf si ce sont des combattants sur le terrain".

Par: rédaction 8/02/19 - 12h36

OracleJSP: An error occurred. Consult your application/system administrator for support. Programmers should consider setting the init-param debug_mode to "true" to see the complete exception message.