Des cours d'empathie à l'école, c'est révolutionnaire

© RTL.

Une école bruxelloise a décidé de mettre l'accent sur les émotions ressenties par les jeunes élèves. Une manière de se sentir mieux mais aussi de tendre la main à son prochain.

Les images dévoilées par RTL d'une école primaire bruxelloise où l'on apprend à comprendre les émotions rappellent celles des écoles étrangères où les enfants sont invités à donner le ton dès leur arrivée en classe. 

Une danse de la joie ou un câlin pour se sentir mieux
Ici, plutôt que de rentrer en rang en silence pour s'asseoir comme un bon petit soldat, chaque enfant est accueilli par l'institutrice et, tour à tour, lui montre à sa façon son état d'esprit du jour. Le professeur réagit alors "en miroir", en s'adaptant au sentiment de l'enfant.

Un câlin, un bonjour, un petit signe de tête, une poignée de main, un tope-la ou un pas de danse: tout est permis pour donner un indice à l'enseignante sur son ressenti du moment. Ensuite, les enfants prennent le temps de choisir des cartes des émotions et décrivent par écrit ou un dessin ce qui les préoccupe ou à l'inverse, les réjouit. Ils peuvent enfin opter pour une carte résumant ce qui leur fera du bien: un coup de main, être entouré, être laissé au calme, protégé etc.

Mettre le doigt sur le harcèlement
Le but n'est pas simplement d'évacuer ses émotions et d'avertir sa titulaire, car la parole est aussi donnée à chacun afin d'éclairer les autres sur ses émotions. Une façon ludique et constructive de se dévoiler et donc de souder le groupe en créant de l'empathie et en évitant qu'une période difficile soit incomprise et aggravée à l'école, mais aussi en partageant les bonnes nouvelles et la joie. "La carte de la peur, celle du besoin de sécurité ont permis de détecter très très vite des cas de harcèlement", se réjouit notamment Esma Saban, l'institutrice.

En écoutant l'autre, les écoliers découvrent sa propre réalité, ses tracas et prendront spontanément soin de protéger, encourager ou préserver leurs camarades. Cela aide également à développer la solidarité et à ouvrir la discussion sur les émotions, les besoins, alors que l'ambiance n'est pas toujours à la confidence dans une classe ou dans la cour de récréation. Les enfants, en apprenant à identifier les émotions de l'autre, apprennent aussi à proposer leur aide et à tendre la main. Un pas pour une école plus à l'écoute de ses enfants pour en faire de futurs adultes davantage enclins à vivre en société.

Par: rédaction 10/02/19 - 11h17