Pourquoi l'UCLouvain est critiquée par ses étudiants: "Les choses n'avancent plus"

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De plus en plus mobilisés en faveur du climat, les étudiants consacrent une partie de leur combat à l'impact environnemental des universités. C'est notamment le cas à l'UCLouvain, où le corps administratif est critiqué par les jeunes engagés. Voici pourquoi.

Louvain-la-Neuve était l'épicentre jeudi 7 mars du mouvement des jeunes pour le climat. Les écoliers étant en vacances, les étudiants avaient pris le relais. Quoi de mieux que la cité universitaire pour incarner cette mobilisation croissante des élèves du supérieur. Après la marche, Anaïs De Munck, présidente de l'Assemblée générale des étudiants de Louvain-la-Neuve, interpelle l'Université devant les milliers de personnes présentes. "Nous avons trois demandes à formuler à l'UCLouvain", a-t-elle débuté, alors que le recteur Vincent Blondel participait à la marche.

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Nous avons réduit nos émissions de CO2 de plus de 30%
Olivier Blondel, recteur de l'UCLouvain

Energies fossiles, zéro déchet, déplacement des professeurs à l'étranger...

La première demande concerne le désinvestissement de l'Université de ses énergies fossiles: "Environ 10% de chaque investissement vont dans les énergies fossiles", affirme-t-elle. La deuxième suggère que l'UCLouvain établisse un plan réel pour être exemplaire dans son attitude. Cela va du zéro déchet aux déplacements des professeurs à l'étranger. Enfin, Anaïs De Munck réclame un enseignement traitant des enjeux climatiques dans chaque cursus.

En tant que recteur, Vincent Blondel défend l'engagement climatique de l'UCLouvain. "Les préoccupations des étudiants en matière climatique sont aussi celles de l'Université. Les recherches menées au sein des universités sont à l'origine de la conscientisation aujourd'hui. On a réduit nos émissions de CO2 de plus de 30%. Nous avons un projet de chaleur verte et des investissements socialement responsables", nous explique-t-il.

Anaïs De Munck lors de sa prise de parole © belga.
Vincent Blondel © belga.

"Gand est en avance, c'est un modèle"

Olivier Malay, président du corps scientifique de l'UCLouvain, nous cite quelques exemples de mesures prises qui vont dans le bon sens: "Les distributeurs de sodas ont été retirés, nous sommes passés aux gobelets réutilisables, notre capital a été investi dans des fonds d'investissement qui respectent des critères socio-environnementaux."

Mais selon lui, le bilan est bien trop maigre. "On peut faire beaucoup plus. Gand est en avance, c'est un modèle. La présence de Vincent Blondel à la marche est une bonne chose, mais on aurait préféré qu'il y ait davantage d'actions pendant son mandat", regrette-t-il, avec lui aussi une panoplie d'idées en tête: "On pourrait avoir comme objectif d'avoir une université passive d'ici 10 ans. Ou mettre davantage d'éoliennes et de panneaux solaires sur les toits de nos bâtiments."

 
On aurait préféré qu'il y ait davantage d'actions pendant le mandat de Vincent Blondel
Olivier Malay, président du corps scientifique
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Toujours pas de réponse: "Les universités sont sourdes"

En plus de l'enseignement, la recherche pose également problème selon le corps scientifique. "Là aussi, on est en retard. Nous pourrions être financés nettement plus sur les recherches concernant la transition écologique. Il est dur d'avoir du soutien pour financer les postes des chercheurs dans ce domaine", martèle Olivier Malay.

Avec cette mobilisation grandissante des étudiants, l'UCLouvain est-elle plus ouverte au débat? "Nous n'avons toujours pas eu de réponse. Les universités sont sourdes, comme la classe politique. Les jeunes prennent une parole qui n'est pas la leur", souffle Anaïs De Munck. "La difficulté, c'est qu'on est en campagne rectorale. Les choses n'avancent plus. Seule certitude, la transition écologique n'a pas été une priorité sur les cinq dernières années", conclut Olivier Malay.

Et sur les cinq prochaines? Eléments de réponse lors de l'élection rectorale en avril et mai prochain, alors que la campagne pourrait prendre un tournant écologique grâce à la popularisation du mouvement pour le climat.

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Par: rédaction 15/03/19 - 07h00