Le sauvetage rocambolesque d'un père par son enfant de 5 ans

© thinkstock.

Un garçon de 5 ans de Glos-la-Ferrière (Orne) a réussi à sauver la vie de son père, qui faisait une crise diabétique, en appelant calmement les secours. Il n'a pourtant pas su donner son adresse, ni son nom complet. Un geste héroïque raconté par L'Orne Hebdo et relayé par Le Parisien.

Il est 22h48 dimanche quand les gendarmes de l'Orne reçoivent un coup de fil suprenant. Au téléphone, un petit garçon de 5 ans leur fait comprendre que son père vient de faire un malaise. "Allô! Je crois que mon papa est mort...", dit-il. L'enfant explique que son père est "en train de faire de la mousse par la bouche" et qu'il est inconscient.

Les gendarmes ont très vite compris que la situation était urgente. Pendant près de 40 minutes, ils vont rester en ligne avec le petit pour le rassurer et récolter les informations nécessaires afin de mener le sauvetage à bien.

Problème: comment faire pour atteindre le domicile de la victime? Malgré les descriptions de l'enfant "très mature et impressionnant" d'après le colonel Pierre Baillargeat, difficile de connaître le lieu précis. Le garçon ne peut pas donner le nom de son village et souffle timidement qu'il habite dans "la troisième maison".

"Les gendarmes ont alors engagé une patrouille et prévenu les pompiers de l'Orne. Nous n'avions alors aucun élément décisif pour localiser la maison ou obtenir une description de l'environnement", décrit le patron des gendarmes.

Le téléphone se coupe
Au bout de quelques minutes, une nouvelle tuile vient perturber les secours. "Le téléphone sans fil avec lequel il nous appelait s'est coupé sans doute faute de batterie". Aussi incroyable que cela puisse paraître, l'enfant s'empare d'un autre téléphone pour composer une deuxième fois le 17, le numéro d'urgence.

La stratégie est alors en place, après une "réquisition d'urgence pour sauvegarde de la vie humaine" auprès de l'opérateur téléphonique afin d'obtenir une adresse. Sirènes hurlantes, des patrouilles de gendarmerie et des pompiers tentent de faire un maximum de bruit afin d'être repérés par le petit. "Les gendarmes lui ont demandé d'aller ouvrir le portail de sa maison et de se manifester s'il apercevait les véhicules de secours", narre Pierre Baillargeat. 

Au bout de quelques minutes, ils entendent les sirènes au bout du fil. Et au même moment, l'opérateur communique finalement l'adresse aux secours. Le garçon de 5 ans avait eu la présence d'esprit d'allumer les lumières du jardin.

Son père, qui faisait une crise diabétique, a pu être pris en charge à temps. Les gendarmes ont dans l'idée de lui proposer de venir à leur rencontre. "Il le mérite", sourit le colonel Baillargeat.

par Julien Collignon 15/05/18 - 12h37