Les comptes de campagne de Macron visés par une enquête

© afp.

L'association française anticorruption Anticor a demandé mercredi au parquet de Paris d'ouvrir une enquête sur les comptes de campagne d'Emmanuel Macron et d'autres candidats à la présidentielle française, au coeur d'un vif débat politico-médiatique depuis plusieurs semaines.

Anticor reproche au président "Emmanuel Macron et de manière moins importante à Benoît Hamon (ex-candidat du Parti socialiste) d'avoir profité de ristournes, remises, rabais, venant minorer leurs dépenses de campagne", en violation du principe d'égalité entre les candidats. Des rabais qui pourraient être constitutifs d'"abus de biens sociaux" pour les prestataires qui les ont accordés, estime Anticor.

L'association accuse par ailleurs Jean-Luc Mélenchon, le leader de la France insoumise (gauche radicale), et Marine Le Pen, la cheffe de l'extrême droite, d'avoir "tenté de détourner de l'argent public au moyen de remboursements par l'Etat de frais de campagne qui n'avaient d'autre but que de servir leur intérêt ou l'intérêt de leurs proches", selon la plainte consultée par l'AFP qui devait être déposée dans la journée.

Enfin, l'association demande de vérifier la "responsabilité" des membres de la Commission nationale des comptes de campagne (CNCCFP). En cause: l'acceptation de frais qui n'auraient pas dû l'être, comme l'a affirmé un rapporteur démissionnaire, et la validation de remises qui constituent potentiellement, pour Anticor, un financement par des entreprises, ce qui est illégal.

"Les comptes ont déjà été vérifiés (...). Il n'y a pas de raison de penser qu'elle a mal fait son travail", a estimé sur France Inter la ministre de la Justice Nicole Belloubet, interrogée sur cette action judiciaire.

Cette plainte fait suite aux enquêtes de médias accusant notamment la campagne de l'actuel président d'avoir bénéficié de "prix cassés".

Concernant la campagne victorieuse d'Emmanuel Macron, Anticor pointe notamment les locations de six lieux de meetings accordées avec des rabais de 36 à 75% environ, ainsi que de larges remises pour la location de matériel et une "sous-facturation" du siège de campagne à Paris.

Dimanche, le parti du président français, La République en marche, a justifié ces prix, accusant la presse de "monter en épingle des pseudo-révélations".

Par: rédaction 13/06/18 - 16h58