Elections en RDC: l'opposant Fayulu revendique la victoire et va saisir la cour constitutionnelle

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L'opposant congolais Martin Fayulu, donné perdant de l'élection présidentielle, a annoncé vendredi qu'il allait saisir la Cour constitutionnelle samedi afin d'exiger le "recomptage des voix", son camp revendiquant la victoire avec 61% des voix.

"Nous irons demain samedi à la Cour constitutionnelle" pour exiger "le recomptage des voix", a déclaré vendredi M. Fayulu lors d'un meeting devant ses partisans. Son camp a par ailleurs revendiqué la victoire avec 61% des suffrages du scrutin du 30 décembre.

Nous allons demander au président de la Commission électorale (Céni), Corneille Nangaa, "de produire les procès-verbaux des bureaux de vote devant les témoins" et observateurs internationaux et congolais de l'élection, a insisté M. Fayulu.

"Nous demandons le recomptage des voix"
"De la Cour, nous n'attendons pas l'annulation de l'élection mais le recomptage des voix", a-t-il dit pour convaincre ses partisans opposés à tout recours devant cette cour qu'ils estiment partisane.

Les candidats disposent de 48 heures après la proclamation des résultats pour déposer un recours devant la Cour constitutionnelle qui a ensuite huit jours pour l'examiner.

Félix Tshisekedi proclamé gagnant par la Céni
La Céni a proclamé jeudi Félix Tshisekedi, chef du parti historique de l'opposition, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), gagnant de la présidentielle avec 38,57% des voix, devant M. Fayulu (34,8%).

Le candidat du pouvoir, Emmanuel Ramazani Shadary, ex-ministre de l'Intérieur et "dauphin" du président sortant Joseph Kabila, est arrivé troisième (23,8%).

La commission électorale demande à l'ONU de soutenir les nouvelles autorités élues
Le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Corneille Nangaa, a exhorté vendredi le Conseil de sécurité de l'ONU à soutenir les nouvelles autorités élues en République démocratique du Congo, mettant en garde contre une annulation du scrutin.

"Nous avons aujourd'hui un président élu" et les nouvelles autorités "doivent être soutenues par la communauté internationale", a-t-il déclaré lors d'une liaison vidéo avec le Conseil de sécurité. 

M. Nangaa a aussi estimé que la contestation du résultat par l'Eglise catholique dans le pays n'était pas une surprise car elle l'avait déjà fait dans le passé.

"Pour les contentieux, il n'y a que deux options", a poursuivi le responsable congolais. "Soit confirmer les résultats de la Céni, soit annuler l'élection. Annuler l'élection voudrait dire que les institutions en place se poursuivraient", a-t-il souligné, évoquant implicitement le pouvoir du président sortant Joseph Kabila depuis 2001.

"Parler du résultat, c'est un exploit", avait auparavant dit M. Nangaa, parlant d'un "effort surhumain" pour organiser ces élections au vu de la "méfiance totale" régnant en RDC.

Par: rédaction 11/01/19 - 16h26