Un Belge installé à Christchurch: "Mes enfants ont dû se cacher sous leur banc"

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Le Flamand Joeri Dennen, 49 ans, est installé à Christchurch, là où a eu lieu le massacre néo-zéalandais cette nuit. Il est encore sous le choc, plusieurs heures après les faits. Les deux mosquées attaquées sont situées près de son habitation et l'un des tireurs a été neutralisé deux rues plus loin. "Les enfants étaient encore traumatisés par le tremblement de terre d'il y a huit ans", déplore-t-il.

"Pour l'instant, tout est calme", relate Joeri Dennen à nos collègues de VTM depuis la Nouvelle-Zélande. "Mais juste après les fusillades dans les mosquées, les hélicoptères survolaient la zone et les véhicules de police et les ambulances roulaient toutes sirènes hurlantes vers les lieux du drame. C'était un peu chaotique. Toutes les écoles ont été confinées: personne ne pouvait entrer ni sortir, même pour aller aux toilettes. Le reste des habitants étaient également enfermés chez eux car les tireurs couraient toujours. J'étais moi-même coincé à l'intérieur du club de foot que j'entraîne".

Mais le pire fut la crainte d'apprendre que ses enfants étaient blessés. "La police nous a obligés par communiqué à la radio à attendre la fin officielle du lockdown. Ce n'est qu'après trois heures que j'ai pu aller rechercher mes fils de 10 et 8 ans, Angelo et Tiago, à l'école. Beaucoup de ces enfants y avaient déjà vécu le tremblement de terre d'il y a huit ans et réalisé ce qui se passait alors le bruit des sirènes et des hélicoptères a fait remonter des souvenirs terribles. C'était la même panique à mon arrivée. Dans leur classe, mes enfants avaient dû se cacher sous leur banc, lumière éteintes, car les assaillants étaient dans le quartier".

Comme beaucoup de ses compatriotes, il reproche au tueur australien d'être intervenu au nom d'idées que les Néo-Zélandais ne partagent même pas. "Normalement, Christchurch est un endroit sûr. Quand il y a un obstacle, on s'entraide. C'est ça, l'esprit des gens ici. Et puis, un type venu d'Australie débarque ici pour provoquer un bain de sang, juste pour montrer que ça peut arriver partout, même dans les endroits les plus sûrs. Je ressens de l'angoisse mais surtout de la colère, justement parce que c'est un étranger qui est venu pour commettre un truc pareil ici. C'est comme un cambrioleur qui vient fourrer son nez dans vos affaires. Ce qui vient de se produire n'est pas bon pour la réputation de Christchurch". 

Le Belge explique rassurer ses enfants en leur faisant comprendre que le danger ne vient pas de l'intérieur, que leur pays n'a pas de problème: "Mes enfants vont bien maintenant. Que ce soit à l'école ou à la télévision, on nous donne pas mal de conseils pour expliquer les faits le mieux possible. Je leur ai dit que ce n'est pas Christchurch qui est visée en soi, mais que c'est quelqu'un venu d'ailleurs, quelqu'un d'un peu malade, qui est venu ici pour ça".

Par: rédaction 15/03/19 - 14h56