La doyenne de l'humanité était-elle une imposture?

© Medium @yurideigin.

Une enquête affirme que Jeanne Calment, la doyenne de l'humanité morte en 1997 à l'âge de 122 ans, serait en réalité décédée bien plus tôt. Alors que les réseaux sociaux s'affolent sur cette théorie, le chercheur qui a validé son record estime que "tout cela est complètement bancal et ne repose sur rien".

Ces dernières heures, la rumeur prend de l'ampleur sur Twitter. Tout part de deux articles, rédigés sur la plateforme de blogs Médium par un certain Yuri Deigin, et titrés "J'Accuse...! Why Jeanne Calment's 122-year old longevity record may be fake" ("pourquoi le record de longévité de Jeanne Calment pourrait être faux).

Deigin est le chef d'une entreprise qui lutte contre le vieillissement. Documents et photos d'archives à l'appui, le Russe affirme qu'Yvonne, la fille de Jeanne Calment, aurait usurpé son identité pour échapper aux impôts de succession à sa mort en... 1934. Selon lui, c'est donc elle qui serait morte en 1997, à l'âge de 99 ans.

Afin d'appuyer ses propos, le Russe reprend des arguments avancés par ses compatriotes, le gérontologue Valery Novoselov, et l'ex-doctorant en mathématiques Nikolay Zak. Le premier d'entre eux, l'acte de décès d'Yvonne, née en 1898 et qui serait donc officiellement morte en 1934. "Curieusement, ce document se fonde sur le témoignage d'un seul témoin, une chômeuse de 71 ans - ni un docteur, ni une infirmière - qui 'l'a vue morte", explique-t-il en joignant le document.

Acte de décès d'Yvonne © Medium @yurideigin.

"Mensonge du siècle?"

Il compare ensuite des photos de Jeanne et de sa fille, et toutes les caractéristiques physiques sont observées à la loupe. "On observe une claire différence dans le menton et une mâchoire plus allongée (...) Yvonne a aussi un cou plus long et plus épais", peut-on notamment lire, le Russe mettant également et surtout l'accent sur la taille de leurs oreilles. 

Deigin ressort également des déclarations de Jeanne Calment qui ne colleraient pas avec la réalité de l'époque. Par exemple, quand elle évoque sa rencontre avec le peintre Vincent Van Gogh en 1888 dans le commerce familial à Arles. 

Jean-Marie Robine, directeur de recherche à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale, est le co-validateur de ce record. Interrogé par Le Parisien, il estime que "tout cela est complètement bancal et ne repose sur rien." 

Si le chercheur reconnaît que "des cas de substitution peuvent exister", dans le cas de Jeanne Calment, "il n'y a aucune étude qui montre qu'une telle pratique pour éviter de payer les frais d'héritage ait pu être répandue à l'époque". 

"On a mis les petits plats dans les grands pour travailler sur elle à l'époque. On n'a jamais autant fait pour prouver l'âge d'une personne. (...) Vous imaginez le nombre de personnes qui auraient menti? C'est abracadabrantesque", explique-t-il. Certains qualifient cette histoire de "mensonge du siècle" sur Twitter, mais chacun se fera sa propre opinion sur le sujet...

© Medium @yurideigin.
© Medium @yurideigin.

Par Mathéo Geslan 31/12/18 - 12h52