"La Chine s'impose comme un acteur majeur de la conquête spatiale"

La Chine a réussi ce jeudi le premier alunissage jamais réalisé d'un engin spatial sur la face cachée de la Lune. "Cette prouesse technique place Pékin au rang des acteurs majeurs de la conquête spatiale", selon l'astrophysicien de l'ULiège Emmanuël Jehin.

Le module chinois d'exploration Chang'e-4, qui avait quitté la Terre le 8 décembre, s'est posé sans encombre sur la Lune à 03h26 (heure belge) dans la nuit de mercredi à jeudi.

"Les premières photos de la face cachée de la Lune ont été prises par une sonde russe en 1959, mais aucun engin ne s'y était jamais posé", commente Emmanuël Jehin.

"Un exploit surtout technique"
Le robot lunaire (ou rover) a atterri dans le cratère Von Kármán. Large de 186 kilomètres, il est le plus gros cratère du système solaire. "L'objectif est d'en extraire des échantillons de roche afin de les étudier", explique l'astrophysicien spadois, selon qui l'intérêt scientifique de la mission n'est "pas révolutionnaire".

"L'exploit des Chinois est surtout technique", affirme-t-il. Le défi réside dans la communication du rover avec la Terre. Comme il ne peut communiquer directement depuis la face invisible de la Lune, les données qu'il envoie transitent par le satellite relais "Queqiao" en orbite autour de l'astre de nuit.

La Chine dans la cour des grands
En réussissant ce tour de force, les Chinois "montrent qu'ils sont à l'avant-garde" et sont capables de s'engager dans la compétition aux côtés des plus grands, les Etats-Unis, la Russie, mais ausi l'Inde "puissance spatiale en éveil", ajoute l'astrophysicien.

"L'Europe est également dans la course mais préfère nouer des partenariats que de s'engager seule dans la conquête spatiale, extrêmement coûteuse", précise Emmanuël Jehin.

En Chine, le programme spatial, coordonné par l'état-major militaire, est perçu comme un symbole de la nouvelle puissance du pays.

Ambitions chinoises
D'ici quelques années, Pékin ambitionne notamment d'installer une station permanente en orbite qui devrait remplacer l'actuelle station spatiale internationale (ISS) après sa retraite programmée en 2024. Le pays espère également envoyer un robot sur Mars et des humains sur la Lune.

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Par: rédaction 3/01/19 - 16h24