"J'avais peur, mais je l'aimais": elles dénoncent le harcèlement des YouTubeurs

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Le site de France Info publie de nouveaux témoignages.

Quelques jours après le tweet de Squezie et l'article du Parisien, le site de France Info a recueilli de nouveaux témoignages de jeunes filles qui assurent avoir subi des avances sexuelles déplacées de la part de YouTubeurs. Aucun nom n'est cité, mais il s'agit de six YouTubeurs ou streamers différents. 

"Au début, je me disais que c'était un truc de dingue qu'il me parle", explique Angèle, qui avait 15 ans au moment des faits, tandis que le YouTubeur a la trentaine. Toutes leurs conversations ont eu lieu sur Snapchat. "Il me disait qu'il aimait mes fesses, que j'étais magnifique, qu'il me voyait bien avec telle ou telle culotte." C'est en voyant le tweet de Squeezie et d'autres témoignages qu'elle a compris le problème.

Marie se souvient: "Oui, à 15 ans, on tombe amoureuse quand on nous dit trois mots doux." Elle a été en contact avec un YouTubeur qui compte plus de deux millions d'abonnés. "Il voulait une vidéo de moi qui me touchais", poursuit-elle. "J'avais peur, mais je l'aimais, donc je ne disais rien." Victime d'un "chantage affectif", elle lui a envoyé des photos d'elle nue.

Auriane avait 15 ans quand un YouTubeur de 29 ans l'a contactée et lui a aussi demandé des photos osées. "Sur le moment, j'étais extrêmement gênée, mais je faisais mine de rigoler", déclare la jeune femme, surprise par ces demandes très explicites. France Info affirme avoir eu accès à des captures d'écran. "Je ne voulais pas qu'il se désintéresse d'un coup. Mais avec le recul, j'ai juste envie de lui mettre une baffe."

Le site évoque enfin le comportement grave d'un YouTubeur "spécialisé dans les Pokémon" et accusé par plusieurs adolescentes. Alice, 18 ans aujourd'hui, a accompagné cet homme de 29 ans au salon Paris Games Week à l'automne 2017. Il s'est fâché lorsqu'elle a parlé avec d'autres gens. "Quand je suis remontée dans la chambre, il m'a dit: Tu prends tes affaires et tu te casses. J'ai commencé à pleurer, mais il m'a dit qu'il allait m'en mettre une", confie Alice. Il s'est excusé. "Il a commencé à me toucher un peu partout, à me déshabiller. Vu que j'avais peur qu'il ne me ramène pas chez moi, je me suis laissée faire."

Accusé dans l'article du Parisien, Antho Colaboy a indiqué sur Twitter: "Tout va trop loin et beaucoup de choses se mélangent... j'ai jamais humilié, intimidé, harcelé, menacé, abusé qui que ce soit et aujourd'hui ma vie sombre sous une pluie horrible de haine et messages qui dépassent tout ce que j'ai pu lire. Je vais prendre un avocat et porter plainte contre tout ce qui est entrain de se produire, j'ai tout perdu, je n'ai fait du mal à personne physiquement ou psychologiquement. Vous n'imaginez même pas à quel point ce qui se passe et dévastateur."

Par Catherine Delvaux. 10/08/18 - 08h47