Le test ADN d'Albert II a largement dépassé nos frontières

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La décision de la cour d'appel de Bruxelles d'ordonner le roi Albert II de se soumettre à un test ADN n'a pas fait sensation qu'en Belgique. En effet, les journaux du monde entier ont évoqué ce nouveau rebondissement dans l'affaire Delphine Boël. Revue de presse.

Le roi Albert II pourrait bien rentrer malgré lui dans l'histoire en devenant le premier monarque belge à réaliser un test ADN afin de reconnaître, ou non, la paternité d'un enfant illégitime.

Albert II en cassation?
Cela reste cependant de l'ordre du conditionnel puisque l'ancien roi des Belges étudie avec ses avocats un éventuel pourvoi en cassation. Il pourrait également refuser tout simplement de se soumettre à un test génétique, ce qui reviendrait peu ou prou à avouer sa "culpabilité" dans cette affaire.

Toujours est-il que la nouvelle a fait grand bruit, et a largement dépassé les frontières du Royaume.

2018, une année difficile pour la monarchie belge
De l'autre côté de la Manche, The Guardian évoque une année difficile pour la monarchie belge, faisant référence aux ennuis du prince Laurent, dont la dotation a été rabotée par le gouvernement après un énième écart de conduite. Le journal britannique rappelle à ses lecteurs qu'Albert II, qui a abdiqué en 2013 en raison de soucis de santé, n'est autre que le fils de Leopold III, ce roi critiqué par Winston Churchill pour son comportement lors de la Seconde Guerre mondiale.

Les journaux britannique The Telegraph et brésilien Globo rappellent quant à eux que la relation extra-conjugale entre Albert II et la baronne Sybille de Sélys Longchamps avait été révélée dans un livre de Mario Danneels sur la reine Paola de 1999.

Le prince Albert et sa "jeunesse dorée" en France
Le New York Times écrit pour sa part que cette décision de justice "prouve que même un roi peut être tenu pour responsable si celui-ci a renoncé au trône", ce qu'Albert II a fait il y a cinq ans.

Le journal américain évoque ensuite le contexte de la rencontre entre Albert II, alors prince de Liège, et sa maîtresse dans les années soixante. Une période lors de laquelle le prince était connu pour arpenter les côtes du sud de la France au sein de la 'jeunesse dorée.'"

Une première dans l'histoire de la Belgique
Le NYT cite également l'avocat d'Albert, Guy Hiernaux, qui affirme que traduire en justice un roi ou un ancien roi de notre pays est une première dans l'histoire de la Belgique. Il affirme en outre que Delphine Boël pourrait éventuellement prendre le nom de Saxe-Cobourg et Gotha.

Delphine Boël écartée de la succession au trône?
En Espagne, El Pais rapporte que Delphine Boël ne pourra pas figurer dans l'ordre de succession au trône, bien que certains spécialistes ne soient pas d'accord. Le catalan El Periodico rappelle qu'il y a cinq ans, un test ADN excluait déjà Jacques Boël comme père biologique de Delphine.

Un nouvel épisode d'un "vieux feuilleton embarassant"
Plus près de chez nous, en France, Le Monde décrit ce rebondissement comme "l'énième épisode d'un feuilleton déjà ancien et plus qu'embarrassant pour la monarchie: il contraste, en effet, avec les valeurs empreintes de générosité et de conservatisme qu'elle est censée incarner."

Maxime Czupryk 6/11/18 - 11h50