La comédie française, ce n'est plus ce que c'était

© photo news.

Le cinéma populaire français est en déclin et ses derniers succès le prouvent. C'est du moins l'avis du journal suisse Le Temps qui en dresse un portrait plutôt sévère.

Dany Boon a finalement obtenu gain de cause aux César. Lui qui depuis quelques années attire des millions de Français dans les salles obscures n'avait pourtant jamais eu l'honneur d'être distingué par ses pairs. C'est désormais chose faite avec le Prix du public décerné à "Raid dingue" et ses 4,5 millions d'entrées.

"Bienvenue chez les Ch'tis"
Un score honorable mais somme toute bien éloigné des 20,5 millions de spectateurs de "Bienvenue chez les Ch'tis" qui ne lui avaiit valu en 2009 qu'une petite nomination, après avoir pourtant battu le record historique de "La Grande Vadrouille".  

"Inéxorable déclin"
Le problème de ce Prix du public, c'est qu'il pourrait revenir à Dany Boon, à chacun de ses films, tant le succès est systématiquement au rendez-vous. Mais, selon le journal suisse Le Temps, sa dernière production "La Ch'tite famille" ne fait que confirmer "l'inexorable déclin du cinéma comique populaire français".

Scénario "paresseux"
Le Temps fustige "l'incroyable paresse" du scénario et pose une question existentielle à ses voisins: "Pourquoi la comédie française populaire actuelle est-elle si faible?". Le journal accuse la profession de multiplier "les personnages de ploucs et de beaufs", à l'image des "Tuche" ou de "Camping", ou de se perdre dans des pastiches mal maîtrisés de productions américaines. 

Oury, Lautner, Veber... 
Le Temps rappelle la belle époque des Gérard Oury ("La Grande Vadrouille", "La Folie des grandeurs", "Rabbi Jacob"), Georges Lautner ("Les Tontons flingueurs") ou, plus tard, Francis Veber ("La Chèvre", "Le Grand Blond avec une chaussure noire"), et ces films qui parvenaient à allier succès d'estime et succès populaire. 

Des "financiers" aux rênes
Selon le quotidien suisse, le problème se situe en amont, au sommet de la hiérarchie des principaux studios de l'Hexagone. Le profil de la direction a changé et le cinéphile d'hier s'est progressivement effacé au profit des "financiers", plus intéressés par la recherche du succès immédiat, de la recette facile que par la prise de risque artistique. 

À moins que le public lui-même, et sa culture cinéphilique, ait changé, mais ça, manifestement, personne ne souhaite l'évoquer...

© photo news.

Par: rédaction 10/03/18 - 09h57