Comment voler deux milliards d'euros sans faire de mal à personne?

C'est l'objectif des braqueurs masqués de "La Casa de Papel", succès surprise de ce début d'année sur Netflix, et ce malgré une campagne de promo discrète, sans tambour ni trompette.

C'est l'histoire d'une bande de braqueurs, d'un "professeur" et d'un projet hors-norme: réaliser le plus gros casse de l'histoire. Ils viennent de tous les horizons, possèdent chacun leur talent spécifique et allient leurs forces pour mener à bien une opération prévue dans les moindres détails. L'anticipation révèle néanmoins ses limites et les soucis émergent rapidement au sein de l'institution monétaire nationale, la "fábrica de moneda y timbre", transformée en véritable forteresse imprenable. Ou en prison, c'est selon. 

Le "binge-watching" du moment
"La Casa de Papel", c'est aussi le fabuleux destin d'une série espagnole, diffusée dès mai 2017 sur la chaîne privée Antenna 3, rachetée par Netflix dans la foulée et "binge-watchée" par des millions d'abonnés depuis le début de l'année. Et à observer la récurrence du sujet sur les réseaux sociaux, les Belges ne sont pas étrangers au phénomène. La plateforme de streaming ne dévoile jamais ses chiffres mais d'autres se chargent de mesurer les tendances, à l'instar de TV Time qui place la production au sommet de son classement de popularité.   

Dali superstar
Ce braquage à l'espagnole possède des atouts indéniables: une intrigue bien ficelée, des retournements de situation inattendus, des personnalités aussi excentriques qu'attachantes, d'autres plus tordues, voire sordides, de la passion, de l'amour, de la trahison, de l'humour, du vin, du saucisson et des masques déjà aussi cultes que la moustache de Salvador Dali. Le tout mariné dans une sauce locale qui confère à cette bande de malfaiteurs un charme et une désinvolture bien éloignés de la rigueur américaine en la matière.

Rien à perdre, tout à gâcher
Tokyo, Rio, Moscou, Denver, Nairobi, Oslo, Helsinki et Berlin n'ont plus rien à perdre et ont d'ailleurs été sélectionnés par le "professeur" pour cette raison précise. Ils ont 2,4 milliards d'euros à imprimer sans faire la moindre victime. Un butin qui a le mérite de n'appartenir à personne. Et c'est peut-être là aussi que réside la particularité de ces braqueurs "idéalistes": ils défendent des valeurs, une éthique, et cultivent une verve "révolutionnaire" à l'image de ce célèbre chant des partisans italiens ("Bella ciao"), hymne de la résistance face à l'occupant allemand et l'Italie fasciste. Emportés par leur passion, les personnages peinent toutefois à réprimer leur instinct: une bonne poignée de sable dans les rouages du plan initial. 

La suite prévue pour le 6 avril
Remontée par Netflix pour l'adapter aux standards commerciaux de sa plateforme, la série a en réalité déjà été diffusée dans son intégralité en Espagne. Il faudra donc se montrer patient et résister à la tentation pour découvrir cette deuxième partie de dix nouveaux épisodes de 40 minutes: la sortie est prévue pour le 6 avril. D'ici là, évitez les "spoilers"...

Par: rédaction 4/03/18 - 09h05