La Belgique s'oppose à deux directives de l'UE pour le climat

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La Belgique a voté contre une proposition de directive sur l'efficacité énergétique lors du conseil des ministres de l'UE ce mardi matin, rapportent nos confrères du Soir. Elle s'est aussi abstenue lors du vote sur une directive sur les énergies renouvelables. Des signaux pour le moins contradictoires, deux jours à peine après la marche pour le climat qui a rassemblé près de 70.0000 personnes à Bruxelles.

L'ambassadeur belge auprès de l'UE avait même reçu comme consigne de mettre sur pied "une minorité de blocage", écrit le le quotidien. Mais au final, seule la Tchéquie a suivi la position de la Belgique. Selon plusieurs sources, ce vote a été dicté par une nette opposition de la Flandre, un conseiller de Liesbeth Homans, vice-présidente flamande (N-VA), ayant menacé en juin dernier de bloquer d'autres dossiers liés au climat. Du côté francophone, Bruxelles était pour la directive tandis que la Wallonie prônait une abstention.

Cette directive prévoit d'améliorer l'efficacité énergétique des pays de l'UE de 32,5 % d'ici 2030. Le texte promet notamment de réduire les émissions de gaz à effet de serre, d'améliorer "la sécurité énergétique" et de diminuer "les coûts énergétiques des ménages et des entreprises". Ce à quoi la Belgique répond que le défi est irréalisable "d'une manière efficace au regard du coût."

L'autre directive, relative aux énergies renouvelables, était elle validée par la Wallonie et Bruxelles, mais pas par la Flandre, qui voulait que la Belgique s'abstienne. En cas de désaccord entre entités fédérées, notre pays s'abstient au niveau européen, rappelle Le Soir. Le texte prévoit (également d'ici 2030) de faire passer la part d'énergies renouvelables à 32% dans l'ensemble de l'Union européenne. Les deux textes, qui font partie (avec le règlement sur la gouvernance) du paquet "énergie verte" de l'Union européenne et qui découlent de l'Accord de Paris de 2015, ont été adoptés par le conseil, malgré l'opposition et l'absention belges.

La position de la Belgique n'est pas neuve sur ces sujets mais ces freins donnent une piètre image de notre pays au niveau européen, analyse enfin Le Soir. Et ceux-ci peuvent en outre paraître incompréhensibles pour l'opinion publique belge, plus que jamais sensible aux enjeux climatiques.

"Ce sont les trois Régions qui décident"

"Ce sont les régions qui ont 90% des compétences en matière d'énergie donc ce sont les trois Régions qui décident et nous, au niveau fédéral, ne pouvons que transmettre les volontés de ces Régions", a répondu la ministre fédérale de l'Énergie Marie-Christine Marghem, dans une réaction à la RTBF. Celle-ci déplore également un "découpage institutionnel inopérant" lorsqu'il s'agit de prendre une décision au nom de la Belgique.

Par Maxime de Valensart 4/12/18 - 15h55