Marghem ira à la COP24 en train, Crucke et Fremault prendront l'avion

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La Flandre, la Wallonie et Bruxelles ont bien l'intention d'intensifier leur travail dès le début de la semaine prochaine au sommet sur le Climat (COP24) de Katowice, afin que la Belgique "rejoigne le wagon des pays européens ambitieux en termes d'engagements climatiques internationaux", ont affirmé vendredi les ministres en charge du Climat Jean-Luc Crucke (Wallonie) et Céline Fremault (Bruxelles), cinq jours après la Marche pour le Climat à Bruxelles.

Avec la ministre flamande Joke Schauvliege, Mme Fremault et M. Crucke "détermineront dans quelles mesures la Belgique peut encore revoir à la hausse ses prises de positions" dans le cadre du dialogue de Talanoa, un des mécanismes principaux de l'accord de Paris visant à augmenter le niveau d'ambition.

Tout en proposant au Fédéral de se joindre à leurs travaux, les trois ministres examineront aussi les dossiers climatiques des mois à venir aux conseils européens de l'Environnement et de l'Énergie "afin de s'assurer que la Belgique puisse faire preuve d'une véritable ambition confirmée."

Le refus par la Belgique, mardi, de deux proposition européennes en matière d'efficacité énergétique et d'énergies renouvelables a soulevé une vague de protestations dans l'opinion publique, deux jours après la marche pour le Climat qui a rassemblé plus de 70.000 personnes dans les rues de Bruxelles.

Ciblée, la ministre fédérale de l'Énergie Marie Christine Marghem (MR) avait dénoncé les réticences des Régions - principales compétentes dans ces matières - à relever le niveau d'ambition, tandis que son collègue de parti Jean-Luc Crucke critiquait la méthode de travail de la ministre.

Crucke: "Il est temps de simplifier la position belge"
"La complexité du système belge ne justifie pas la frilosité qui est la nôtre dans l'adoption des 'déclarations' climat, il est temps de simplifier la position belge", affirme vendredi M. Crucke, qui présidera la délégation belge à la COP24.

"Il est encore temps d'agir à la hauteur du défi climatique, il faut respecter l'accord de Paris et prendre des engagements cohérents avec celui-ci. Le signal des citoyens est sans équivoque", ajoute Mme Fremault (cdH).

Les ministres évoqueront aussi, lors des trois jours de travail, les possibilités de renforcer le PNEC (Plan National Énergie Climat) dans les mois à venir, avant son envoi final à la Commission européenne en décembre 2019.

Répondant aux critiques jeudi soir à la Chambre, Mme Marghem a répété que, dans les dossiers de l'efficacité énergétique et du renouvelable, "il y a eu un retrait des Régions par rapport aux ambitions que la Commission européenne voulait relever."

Elle a défendu la création d'une agence du climat qui "transcenderait les clivages" qui existent dans l'organisation institutionnelle belge.

Crucke et Fremault iront en avion, Marghem en train
Le dialogue entre Fédéral et Régions reste toutefois grippé. En témoigne la volonté affirmée par Mme Marghem de faire le voyage de Katowice la semaine prochaine en train, elle à qui il a aussi été reproché d'avoir fait dimanche ce trajet aller-retour en avion pour l'ouverture de la conférence.

"Je vais voyager avec les ministres régionaux la semaine prochaine en train. Je compenserai les émissions de CO2 avec les indemnités qui ont été calculées", a-t-elle annoncé jeudi soir à la Chambre.

Les 20 heures de train nécessaires n'auraient pu être effectuées dimanche après la Marche pour lui permettre de revenir le lundi en fin de journée et assister à la commission parlementaire le mardi, a-t-elle justifié.

Mais les ministres Crucke et Fremault ne l'entendent pas de cette oreille: ils feront bien le voyage en avion de ligne, en classe économique, précisaient leurs cabinets.

Céline Fremault, ministre bruxelloise de l'Environnement. © belga.

Par: rédaction 7/12/18 - 21h16