Et si celui au milieu du lit recevait un prix?

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Arthur, étudiant breton, tombe amoureux de Jacques, écrivain parisien plus âgé que lui. Jacques est sous le charme mais n'est pas prêt à vivre une nouvelle romance alors que s'annonce, déjà, la fin de sa vie. Nous sommes au début des années 90, Jacques est séropositf.

On attendait beaucoup de ce Christophe Honoré qu'on a vu avec un peu de retard sur le programme officiel. À Cannes, les visions des films s'enchaînent et certaines doivent se rattraper: les conflits d'agenda sont fréquents, les journées chargées. Les critiques français, qui avaient vu le film avant nous, portaient "Plaire, aimer et courir vite" aux nues. L'attente immense venait peut-être de là. La déception sûrement aussi.

"Plaire, aimer et courir vite" est présenté un an tout rond après "120 battements par minute" qui se déroulait à la même époque et qui parlait de la lutte contre le sida. Si le combat reste nécessaire et qu'on ne remet pas en doute le sujet du film, qui traite du sida mais est nettement moins militant, il souffre malgré tout de passer derrière le film qui nous avait vraiment emballé l'année passée.

Christophe Honoré refuse d'ailleurs la comparaison avec le film de Robin Campillo. Il confie à la RTBF: "Je ne vois pas pourquoi on rapproche soudain des films par rapport à l'identité sexuelle des personnages. C'est vraiment pour moi une vision étriquée du cinéma. (...) Qu'on puisse rapprocher des films parce que les personnages sont homosexuels c'est un peu insensé."

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Vincent Lacoste forever

Le vrai point fort de "Plaire, aimer et courir vite" se trouve dans le jeu d'acteurs. Denis Polydalès est délicat, Pierre Deladonchamps a la classe d'un Lambert Wilson tandis que Vincent Lacoste, du haut de ses 24 ans, ne cesse de nous épater. Le boutonneux maladroit des "Beaux Gosses", tombeur de Virginie Efira dans "Victoria", joue ici un jeune homosexuel encore en recherche de lui-même. Il est sûr de lui, sexy, joueur. 

"C'est le personnage qui est le moins proche de moi", confie-t-il dans les Inrockuptibles. "En plus de son orientation sexuelle, il a très confiance en lui, il est très conquérant, très sexuel. C'est nouveau pour moi de me voir filmer de cette manière." Ses talents d'acteur se déploient de film en film: c'est captivant.

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Deborah Laurent 12/05/18 - 11h00