Les conseils qu'on devrait tous suivre pour que tout aille mieux

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Wim Wenders est tombé sous le charme de Pape François dès sa première apparition au balcon du Vatican. Et c'est vrai qu'en fait, il est plutôt sympa. Le portrait qu'en fait le réalisateur allemand dans "Le pape François - Un homme de parole", le documentaire qu'il présente au Festival de Cannes, est très positif et certaines phrases résonnent longtemps après la projection.

Le documentaire a été co-produit par le Vatican. La caméra de Wim Wenders suit de près le pontife dans ses obligations. On découvre un homme à l'écoute et moderne dans son approche. "J'ai été stupéfait de son ouverture d'esprit et de la façon dont il s'est emparé du sujet du changement climatique", a expliqué le réalisateur, Palme d'or à Cannes en 1984 pour "Paris, Texas", à l'AFP. "Je ne pensais pas qu'un pape puisse s'impliquer autant".

En effet, le pape François a publié une lettre où il appelle à une action urgente pour la planète. Et il appuyait ses dires avec des chiffres et des preuves scientifiques. Pour lui, science et religion font bon ménage: n'est-ce pas Dieu qui nous a dotés d'une capacité d'analyse et de réflexion qui nous permet d'en apprendre toujours plus sur ce qui nous entoure?

Alors qu'il s'intéresse à la problématique des décharges et à notre mauvaise gestion des déchets, il a cette phrase importante: "On regarde la Terre comme si on était ses maîtres alors qu'on en est ses gardiens."

Parmi ses bons conseils, il y a celui-ci: "Il faut parler peu, écouter beaucoup et toujours regarder dans les yeux." Un conseil simple que le monde entier, les yeux rivés sur son écran de smartphone, ne sait même plus appliquer... 

Autre règle à suivre. "La pauvreté doit être au centre de tout", dit-il en rappelant que 80% des richesses de la Terre sont détenues par moins de 20% des gens. "Nous devons tous devenir un peu plus pauvres. Et partager notre repas." En souriant, il glisse: "On peut toujours ajouter de l'eau aux haricots."

Le souverain pontif regrette qu'on vive tous à du 100% à l'heure. Il demande aux gens de ralentir. "On vit avec le pied appuyé sur l'accélérateur. Ca détruit la santé mentale et physique, ça détruit la famille, la société. On n'est pas des machines." Et pour le bien de tous, même si la famille ce n'est pas toujours simple et que "parfois, les assiettes volent", "ne laissez jamais un jour finir sans faire la paix avec vos proches." Aux parents, ils demandent: "jouez-vous avec vos enfants?"

Quand on l'interroge sur l'homosexualité, il a cette réponse, pleine de bon sens: "Qui suis-je pour juger? On ne doit pas marginaliser les gens pour ça?"

Le pape François aborde également la question de la pédophilie dans l'Eglise: "atroce", "les prêtres qui font ça doivent être punis".

En plus de ses huit heures d'interview avec le pape, Wim Wenders a fait usage d'images issues des archives du Vatican pour rythmer son récit: on l'y voit visiter des camps de migrants en Italie et en Grèce, on assiste à ses discours devant les Nations Unies ou encore le Congrès américain.

Le pape n'a pas vu le documentaire et il ne le verra probablement pas: "Il n'aime pas se regarder". Et au cas où vous vous poseriez la question, il ne montera pas les marches cannoises...

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Par: rédaction 14/05/18 - 20h03