L'atroce secret de Whitney Houston révélé dans un documentaire poignant

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"Le diable a essayé de m'attraper plusieurs fois. Mais il n'a pas réussi." La voix de Whitney Houston s'élève dans la salle encore plongée dans le noir. Elle ne savait pas alors à l'époque où elle a prononcé ces mots qu'elle finirait par sombrer. Le documentaire, bouleversant, présenté à Cannes à minuit hier et ce matin aux journalistes retrace la vie de la légende, décédée le 11 février 2012. Une révélation vient ponctuer le film et tenter d'expliquer les problèmes d'addiction dont souffrait Whitney Houston. Selon ses proches, Whitney a été agressée sexuellement dans son enfance par sa cousine, la chanteuse soul Dee Dee Warwick.

La révélation fait jaser sur la Croisette. Dans un documentaire qui retrace la vie mouvementée de Whitney Houston et autorisée par ses proches qui sont nombreux à témoigner, on apprend qu'elle a été abusée sexuellement par Dee Dee Warwick, soeur de Dione, dans son enfance. Le nom est donné par son frère Gary et confirmé par d'autres proches de la chanteuse dont son assistante personnelle Mary Jones et sa belle-soeur Pat Houston.

"Pendant longtemps, en la regardant à l'écran, je me disais 'il y a quelque chose chez cette femme qui a l'air de refléter un malaise. Elle a l'air de ne pas aimer son corps d'une certaine façon'", a expliqué le réalisateur britannique Kevin Macdonald, Oscar du meilleur documentaire en 2000 pour "Un jour en septembre", sur la prise d'otages aux JO de Munich en 1972. Il a alors sondé ses proches qui ont admis que l'enfance de Whitney, dépeinte au début de sa carrière comme idyllique, ne l'avait pas été tant que ça.

Whitney Houston, fille de John et Cissy Houston, a été aimée d'abord, puis utilisée. Kevin Macdonald n'élude aucun sujet. On apprend que Whitney a mal vécu le divorce de ses parents. Elle a quitté la maison à 18 ans, fâchée contre sa mère qui avait eu une relation avec le pasteur de leur paroisse où elle a fait ses débuts dans la chanson. Elle rencontre Robyn Crawford à ce moment-là. L'un de ses frères la taxe d'opportuniste, "de personne néfaste". Robyn est lesbienne et Whitney aura une relation amoureuse avec elle. Une relation qu'elle a toujours niée. Une interview télévisée la montre en train de nier en bloc: "Je ne suis pas gay." En réalité, les proches de Whitney refusait qu'elle ternisse "son image parfaite". "Il lui fallait un homme noir", selon ses parents. Certains diront que l'abus subi dans son enfance l'a fait "douter de son orientation sexuelle". 

"L'homme noir", elle l'a rencontré plus tard et ils se sont mariés. Il n'y a pas eu de meilleur, que le pire. Le documentaire retrace la relation destructrice de Whitney Houston avec Bobby Brown, à l'époque jeune star montante de la chanson. On les trouve mal assorti, elle la chanteuse chic, lui l'agité des mauvais quartiers. Whitney s'en moque. A ce moment-là, il a du succès, elle aussi, ils sont sur un pied d'égalité. Quand "Bodyguard" sort, "Whitney est envoyée dans la stratosphère". Son succès devient monumental, le monde entier la veut, l'encense, Bobby le vit mal. On le voit s'agacer quand on l'appelle "Monsieur Houston", il devient le perpétuel "plus un" de son épouse. La descente aux enfers commence. Après des années de sacrifice et de disputes violentes, Whitney demande le divorce. Un échec personnel, elle qui avait tant souffert de la séparation de ses parents. 

La réaction absurde de Bobby Brown
Le réalisateur revient longuement sur les problèmes de drogue de la chanteuse qui ont mené à sa perte. Le témoignage de Bobby Brown est édifiant: quand Kevin MacDonald lui parle de l'addiction de Whitney, il refuse tout simplement d'en parler, estimant que "la drogue ne faisait pas partie de sa vie". Sa déclaration provoque un rire nerveux dans la salle. Tout le monde a vu Whitney dépérir et son ex-mari refuse encore aujourd'hui d'admettre que son addiction était un problème.

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Les proches de Whitney la prenait pour un distributeur de billets.
Entendu dans le documentaire "Whitney"
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Bobbi Kristina n'avait aucune chance de s'en sortir.
Entendu dans le documentaire "Whitney"
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"Son entourage la prenait pour un distributeur de billets"
Si sa bêtise est évidente, Kevin MacDonald ne le tient pas pour responsable de la mort de sa femme. On apprend que ce sont ses frères qui ont initié Whitney à la marijuana d'abord, à la cocaïne ensuite. Elle planait déjà à 16 ans. Sa rencontre avec Bobby l'a juste fait plonger un peu plus profondément. Et face à l'évidence, personne ne l'a aidée parce que personne ne voulait qu'elle s'absente pour se soigner, personne ne voulait risquer son courroux en la forçant à faire une cure de désintoxication qu'elle ne voulait alors pas faire. "Son entourage la prenait pour un distributeur de billets." Elle avait aidé chacun de ses proches à se faire un nom. Etre dans le cercle intime de la star de la chanson leur ouvrait des portes. 

Robyn, fatiguée de ses échanges houleux avec Bobby Brown, qui la détestait, a laissé tomber. John Houston, son père, lui a volé de l'argent sans scrupule. Leur relation ne s'est d'ailleurs jamais arrangée: Whitney n'a pas été à l'enterrement de son père.

Whitney Houston en février 2005. © photonews.

"Le crack, ça craint"
Quand plus personne n'a pu nier l'évidence, que les photos des tabloïds sont sorties, dévoilant les seringues et la drogue dans la salle de bain de Whitney, son label l'a poussée à affronter son public. Elle a donné une interview qui lui a fait plus de mal que de bien où elle s'exclame, le corps ravagé par sa consommation excessive, "le crack, ça craint". Personne ne la croit. 

"Mauvaise mère"
Le documentaire ne frotte pas la star dans le sens du poil. Ainsi, on évoque Bobbi Kristina, la fille qu'elle a eu avec Bobby Brown. Ils sont tous d'accord pour dire que Whitney aimait sa fille mais qu'elle était "une mauvaise mère". Elle l'emmenait en tournée à l'âge où la petite fille aurait dû être à l'école avec des enfants de son âge. Elle la forçait à monter sur scène malgré sa timidité. Elle s'enfermait avec son père pour se droguer pendant des heures, laissant la gamine errer. A 18 ans, Bobbi Kristina s'en mettait déjà plein le nez. "elle n'avait aucune chance de s'en sortir. Elle détestait sa vie, elle détestait sa mère". 

Quand Whitney a divorcé de Bobby Brown, elle a voulu remonter sur scène. Elle était ruinée, elle avait besoin d'argent. Sa tournée de come back est un fiasco: Whitney n'a plus de voix, ses fans quittent la salle. Le tournage du film "Sparkle" fut sa dernière expérience professionnelle heureuse. "Elle avait un but, elle était heureuse." Elle n'aura jamais vu le film sur grand écran: elle est morte quelque mois avant sa sortie.

"Elle flottait, le visage dans l'eau"
Mary se rappelle de ce jour atroce avec émotion. Elle raconte avoir mis Whitney dans son bain, lui avoir caressé les cheveux. Whitney voulait des cupcakes. Mary s'est absentée 30 minutes. A son retour, Whitney avait déjà cessé de respirer. "Elle flottait, le visage dans l'eau." Whitney Houston est morte noyée le 11 février 2012. Elle avait 49 ans. Sa fille Bobbi Kristina mourra le 26 juillet 2015 d'une overdose. Comme sa mère, elle a été retrouvée inconsciente dans sa baignoire. L'histoire s'est répétée, de la pire des façons.

Avec Michael Jackson, qu'elle voyait régulièrement. "Ils ne se parlaient pas. Mais il la comprenait." © photonews.

Par: Deborah Laurent 17/05/18 - 15h01