Faut-il manger moins de viande pour sauver la planète?

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Derrière ce titre volontairement simpliste se cache une question qui mérite légitimement d'être posée. Alors qu'une bonne partie de la planète se met en grève pour le climat, nous nous sommes intéressés à la problématique de la consommation de viande, et plus généralement de produits d'origine animale, et la pollution qu'elle engendre. Une consommation démesurée responsable d'une partie subtsantielle des gaz à effet de serre émis au niveau mondial. Alors, devons-nous modifier nos habitudes alimentaires pour sauver la planète?

Lors d'un récent débat sur RTL-TVi, Kristof Calvo, député fédéral Groen et potentiel futur Premier ministre, a été interrogé sur une mesure figurant soi-disant dans le programme du parti. Les écologistes flamands ont-ils l'intention d'augmenter le prix de la viande afin de faire baisser sa consommation s'ils accèdent au pouvoir? Renseignement pris auprès du parti, on nous annonce que Groen n'a aucunement l'intention de taxer la viande. "Tout cela est parti d'une traduction erronée de notre programme qui figure sur notre site web", regrette le porte-parole du parti Jonas Dutordoir.

Pas d'éco-taxe, mais un juste prix pour les éleveurs
Le spectre d'une "éco-taxe" sur la viande s'éloigne donc. "Nous ne voulons pas augmenter le prix de la viande mais bien favoriser l'élevage local et le circuit court et rémunérer plus justement les éleveurs et les producteurs, poursuit Jonas Dutordoir. Enfin, Groen veut réduire le cheptel belge "de 25% d'ici 2026", indique le porte-parole, en ciblant particulièrement les bêtes destinées à l'exportation.

Mais pour Groen, nous mangeons trop de viande et de produits laitiers, ce qui a un impact considérable sur l'environnement et l'état de la planète. De fait, selon une étude de l'Earth & Life Institute de l'UCLouvain commandée par Greenpeace, l'élevage pris au sens large, c'est-à-dire en incluant l'alimentation des animaux (la production et l'importation de soja, notamment) est responsable d'environ 15% des gaz à effet de serre (CO2, méthane et protoxyde d'azote) émis par la Belgique. Un pourcentage peu ou prou semblable au niveau mondial, soit plus que la totalité des émissions de GES liées aux transports (voitures, avions, etc...), selon un rapport de la FAO, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture publié en 2006.

Pis, le secteur de l'élevage est le plus grand utilisateur mondial de terres agricoles, comme pâturages ou pour la production de cultures fourragères. Il joue donc un rôle majeur dans le changement climatique, la gestion des ressources en terres et en eau et la conservation de la biodiversité, prévenait la FAO.

"Manger moins, mais mieux"
C'est dans ce contexte que Greenpeace appelle les consommateurs à revoir leurs habitudes alimentaires et à diminuer sensiblement leur consommation de viande. "Manger moins, mais mieux", préconise Sébastien Snoeck, expert Agriculture et Elevage durables chez Greenpeace Belgium. "Bien sûr, les animaux sont importants pour l'agriculture puisqu'ils permettent de fertiliser les sols avec de l'engrais naturel. Nous ne prônons donc pas l'arrêt de la consommation de viande, mais une consommation locale et durable", explique l'expert. Un avis partagé par la FUGEA, la Fédération Unie de Groupements d'Éleveurs et d'Agriculteurs, et son vice-président Hugues Falys, lequel s'est récemment exprimé sur la question sur les ondes de la RTBF.

L'avenir de l'élevage belge passe par la valorisation des produits du terroir, à haute valeur ajoutée, estime Sébastien Snoeck. Quitte à vendre moins, mais plus cher. Car selon Greenpeace, la viande est trop bon marché. "On nous vend du porc à deux euros le kilo, des produits industriels bradés... Des prix qui ne couvrent pas les coûts de production subis par l'éleveur [...] Le consommateur doit manger un steak local avec fierté et payer le prix juste", souligne M. Snoeck. "Puisque de toute façon les Belges mangent deux fois trop de viande par rapport à ce qui est recommandé, on peut très bien s'en passer de temps en temps", conclut-il.

Bon pour la planète... et la santé!
Si sa consommation diminue depuis 2006, le Belge mange toujours trop de viande, confirme Mélissa Brys, diététicienne agréée INAMI à Ganshoren. Ainsi, seuls 10% de la population respectent la recommandation de consommer de la viande maximum 4 fois par semaine, précise la spécialiste.

Manger moins de viande serait donc bon pour l'environnement, mais également pour la santé. "Une consommation importante de viande rouge et de charcuterie augmente le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2 et de cancer du colon. Adopter un régime flexitarien, à savoir une alimentation végétarienne en consommant de la viande de temps en temps, est un excellent compromis", explique Mélissa Brys.

Si le régime exclusivement végétarien ou végétalien "se fait par conviction personnelle", une alimentation flexitarienne peut être conseillée à tout le monde et est même encouragée, souligne la diététicienne. "Il est donc très intéressant, voire obligatoire, de commencer à manger des plus petites quantités de viande mais de meilleure qualité pour sauver notre planète et ralentir le developpement des maladies chroniques", conclut Mélissa Brys.

Maxime Czupryk 15/03/19 - 08h20

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