Interdiction du diesel à Bruxelles: "Une posture plutôt qu'une conviction"

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L'annonce jeudi dernier par le gouvernement bruxellois d'un accord de principe pour l'interdiction de rouler au diesel en 2030 semble de plus en plus relever de la posture plutôt que de la conviction, a déploré lundi le député bruxellois Arnaud Pinxteren (Ecolo).

L'annonce de la ministre bruxelloise de l'Environnement Céline Fremault (cdH) "a duré deux jours, le temps pour ses collègues, et singulièrement (le ministre de l'Economie) Didier Gosuin, de dénoncer l'effet d'annonce", affirme M. Pinxteren.

"Il est évident que la lutte contre la pollution de l'air est une question sensible et difficile, mais jeter de la poudre aux yeux en faisant croire qu'on agit là où en réalité il n'y a pas de consensus, c'est regrettable et inconséquent". Pour le député d'opposition, le sujet nécessite des mesures "courageuses et collégiales", mais l'attitude actuelle du gouvernement ne permet pas aux utilisateurs de savoir ce qu'il y a lieu de faire.

Le gouvernement bruxellois a donné jeudi son feu vert de principe à une interdiction des véhicules diesel au plus tard d'ici 2030, avait annoncé Mme Fremault.

Ce n'est pas encore fait, avait nuancé Rudi Vervoort
Cette interdiction n'est toutefois pas acquise, avait tempéré le cabinet du ministre-président Rudi Vervoort (PS), en insistant sur l'importance de la phase de concertation qui doit s'ouvrir avec les acteurs et secteurs professionnels concernés.

Quant à Didier Gosuin (DéFI), il avait insisté sur l'importance de l'étude à mener et mis en garde contre tout effet d'annonce. Il rappelait notamment que la STIB, la société bruxelloise de transport public, n'avait pas encore acquis les nombreux bus hybrides diesel-électricité dont la commande a été décidée, un type de véhicule qui a une durée de vie d'au minimum 12 ans. Il appelait à faire une distinction entre les véhicules privés et les véhicules professionnels.

"Il n'y a pas de raisons que Bruxelles échoue là où d'autres villes européennes ont enclenché le même processus", avait répliqué Mme Fremault.

Par: rédaction 4/06/18 - 16h44