Un militaire abat quelqu'un sur le sol belge: une première depuis la fin de la guerre

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Outre son aspect salvateur, la neutralisation d'Oussama Zariouh par un militaire à la gare Centrale, causant ainsi la mort du terroriste présumé, revêt également un caractère exceptionnel. C'est en effet la première fois qu'un soldat belge tue quelqu'un sur le territoire national depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, rappelle l'historien Francis Balace à Sudpresse.

Depuis deux ans et demi, citoyens et militaires ont appris à partager l'espace public des grandes villes belges. Si elle renforce le sentiment de sécurité, la présence de nos soldats dans les rues est avant tout symbolique. "Nous sommes principalement déployés pour assister la police dans sa mission de sécurité", nous rappelle ce para qui sillonne les rues de Bruxelles depuis plus d'un an et demi.

"On fait notre job"
On le sait, jouer les gardes de sécurité n'est pas du goût de tout le monde au sein de la Défense. De nombreux militaires se sentent sous ou mal exploités, confirme notre soldat qui a participé aux récentes missions de l'armée belge au Kosovo, en Afghanistan ou encore en RDC. Pas question néanmoins de se plaindre, malgré les horaires difficiles et une vie de famille qui n'en a plus que le nom. "On fait notre job", assure-t-il. Et une large frange de la population leur en est reconnaissante.

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L'usage de la force justifié
Encore davantage depuis que l'un d'entre eux a mis fin à la tentative d'attentat d'Oussama Zariouh mardi soir à Bruxelles-Central. Le soldat a ouvert le feu alors que le terroriste se précipitait sur lui et ses deux collègues. Zariouh n'a pas survécu et une enquête a été ouverte par le parquet, comme le veut la procédure en cas d'incident de tir par arme à feu effectué par les forces de l'ordre. L'usage de son arme se justifiait puisque l'intégrité physique du soldat ainsi que celle de la population aux alentours était menacée, mais également parce qu'aucun policier ne se trouvait à proximité (ils ont la primauté sur les militaires, ndlr) souligne notre source. Les premiers éléments de l'enquête confirment ses dires.

Une première depuis 1945
La neutralisation d'Oussama Zariouh par un militaire revêt un caractère exceptionnel. Aucun soldat n'avait pour l'instant fait usage de la force depuis janvier 2015. Plus précisément, jamais un militaire belge proprement dit n'avait tué une personne sur le territoire national depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, rappelle l'historien liégeois Francis Balace à Sudpresse.

Depuis 1945, l'armée n'était déployée qu'en dernier recours lorsque la gendarmerie était épuisée, précise Francis Balace. Le 6 janvier 1961, lors de la manifestation contre la Loi unique devant la -nouvelle- gare des Guillemins, des militaires avaient tiré au ciel pour calmer tout le monde. Sans blesser ni tuer personne, au contraire de la gendarmerie, un corps militaire à part entière, laquelle s'est rendue coupable de plusieurs bavures mortelles jusqu'à sa disparition en 2001 suite à l'affaire Dutroux.

Les militaires sont avant tout chargés d'assister la police dans sa mission de sécurité. © afp.
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Maxime Czupryk 22/06/17 - 12h08