Aquarius: Macron appelle à ne pas "céder à l'émotion"

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Le président français Emmanuel Macron a appelé mercredi à ne pas "céder à l'émotion que certains manipulent" sur l'affaire de l'Aquarius, et a assuré que la France "travaille main dans la main avec l'Italie" pour gérer les flux migratoires.

Cherchant visiblement à apaiser la crise avec Rome déclenchée par ses critiques virulentes du refus de l'Italie d'accueillir le bateau, le chef de l'État a cependant condamné "la politique du pire qui place tout le monde sous l'empire de l'émotion", lors d'un déplacement dans l'ouest de la France, à Mouchamps.

"Cela fait un an que nous travaillons main dans la main avec l'Italie de manière exemplaire. Nous avons divisé par dix les arrivées, par un travail en Libye et au Sahel", a plaidé M. Macron, venu se recueillir sur la tombe de Georges Clemenceau (1841-1929), ancien président du conseil (chef du gouvernement).

"Si je donne raison à celui qui cherche la provocation" en refusant l'accostage du bateau, "est-ce que j'aide les démocrates ? N'oublions pas qui nous a interpellés, nous connaissons les mêmes", a-t-il ajouté, une allusion à la composante d'extrême droite du gouvernement italien. "La vraie réponse est dans la politique de développement, de sécurité, de démantèlement des réseaux de passeurs", a-t-il dit.

Les relations entre les deux pays se sont tendues depuis que le président français a fustigé le "cynisme" et "l'irresponsabilité" de l'Italie. Le président du Conseil Giuseppe Conte, attendu à l'Elysée vendredi, a répliqué qu'il n'acceptait pas "des leçons hypocrites de pays ayant préféré détourner la tête en matière d'immigration".

Le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini, patron de la Ligue (extrême droite) et homme fort du gouvernement, a réclamé des excuses à la France, faute de quoi il vaudra mieux, selon lui, annuler la visite de M. Conte.

Le palais présidentiel de l'Élysée a expliqué mercredi que la France "n'a(vait) reçu aucune information de la présidence du Conseil (italien) sur une demande d'excuses ou sur une possible annulation de la visite de Giuseppe Conte".

Par: rédaction 13/06/18 - 21h43