Trump demande aux alliés d'augmenter leurs dépenses de défense

© anp.

Le président américain Donald Trump a dit mercredi exiger des pays alliés qu'ils atteignent "immédiatement" les 2% de leur produit intérieur brut (PIB) en dépenses militaires, dans un tweet publié à la sortie de la première session du sommet atlantique.

"A quoi sert l'Otan si l'Allemagne paye à la Russie des milliards de dollars pour le gaz et l'énergie?", a lancé M. Trump avant d'enchaîner sur les dépenses de défense des Alliés. "Pourquoi seuls 5 pays sur 29 ont-ils rempli leur engagement? Les États-Unis paient pour la protection de l'Europe, puis perdent des milliards sur le commerce. Ils doivent payer IMMEDIATEMENT 2% du PIB, pas d'ici 2025", a-t-il encore écrit, se trompant au passage sur la date limite du 2024 pour l'augmentation des dépenses de défense qui avait été fixée lors du sommet du Pays de Galles.

De son côté, le secrétaire général de l'Otan s'est voulu rassurant et a appelé les Alliés à "d'abord atteindre l'objectif de 2% (du PIB en dépenses de défense)".

La Belgique n'a pas attendu Trump

Le gouvernement belge n'a pas attendu le président américain pour développer une nouvelle vision pour la défense, a affirmé le Premier ministre belge Charles Michel.

Alors que la Belgique n'y consacrera que 0,93% en 2018, selon les dernières chiffres de l'Otan, le Premier ministre a rappelé aux chefs d'Etat et de gouvernement alliés réunis pour deux jours à Bruxelles l'engagement qu'il avait pris de mettre fin à des économies systématiques dans les dépenses de défense".

"Nous avons fait le choix sous cette législature de stopper les économies systématiques en matière de défense pour renouer avec une croissance au travers d'une stratégie d'investissements" d'un montant de 9,4 milliards d'euros au total, a-t-il déclaré devant la presse à l'issue d'une première session d'un sommet atlantique à Bruxelles.

Cette "vision stratégique" prévoit une hausse du budget de la Défense à 1,3% du produit intérieur brut (PIB) à l'horizon 203O, ce qui est censé ramener la Belgique dans le peloton des pays européens non détenteurs de l'arme nucléaire - mais cette moyenne remonte en raison des hausses de budget décidées dans de nombreux pays.

Déclaration commune
Malgré ces tensions, les pays alliés ont entériné mercredi la déclaration de Bruxelles sur la sécurité et la solidarité transatlantiques au terme du premier jour du sommet de l'Otan.

"Nous avons eu des discussions, des désaccords, mais nous avons finalement pris des décisions qui permettent à l'Alliance d'avancer et de se renforcer", a commencé par expliquer le chef de l'Otan face à la presse.

La déclaration de Bruxelles prévoit de renforcer la dissuasion, la défense ainsi que la lutte contre le terrorisme et vise à arriver à un partage du fardeau plus équitable.

Les Alliés se sont notamment accordés sur la mise en place de l'initiative de disponibilité opérationnelle, dite des "quatre fois trente" qui prévoit d'ici 2020 la possibilité de déployer en trente jours de trente bataillons mécanisés, trente escadrilles aériennes et trente navires de combat. Ils ont également avalisé l'adaptation de la structure de commandement de l'Otan. A la demande de l'Irak, l'Otan va également lancer une nouvelle mission de formation des forces irakiennes. Sous la houlette du Canada plusieurs centaines de formateurs seront déployés.

Nouvelle rencontre
Les chefs d'Etat et de gouvernement se reverront à nouveau mercredi soir à l'occasion d'un dîner au Cinquantenaire à Bruxelles. Lors du repas, M. Stoltenberg a fait savoir qu'il évoquera avec le président américain sa prochaine rencontre avec son homologue russe, Vladimir Poutine. Plus tôt dans la journée, le chef de l'Otan avait en effet souligné la nécessité d'une politique unie envers la Russie.

Par: rédaction 11/07/18 - 18h44